Association Stendhal et des amis du musée Stendhal (Grenoble)

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Stendhal (Grenoble)

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Agenda

 

Drôle d’adjectif pour une rencontre entre Emmanuelle Lambert, commissaire de l’exposition Giono 2019 au Mucem et l’auteur du Hussard sur le toit.

Giono n’est-il pas « L’Homme qui plantait des arbres », l’amoureux des bêtes, et de la nature, le Provençal à la « géographie cadastral », Manosque, ses collines et les hauts plateaux, le père de famille serein ente Elise l’épouse dévouée et Sylvie et Aline, ses deux filles souriantes sur ses genoux telle qu’en elle-même l’éternité de la photo les pose ?

 

Emmanuelle Lambert se méfie de ces clichés faussement aimables et du demi-sourire de Jean. Elle l’écoute : « Ce que j’ai à dire, je l’écris, le reste c’est zéro ». Alors loin des biographies officielles, des entretiens radiophoniques, des images des films de Pagnol, elle relit les 8 volumes de l’édition de la Pléiade Et revient bouleversée par la fureur de l’œuvre. Violence des rapports de l’homme et de la nature-inondations, incendies, tremblements de terre-, violence de l’homme faite à l’homme-meurtre, sang-, fascination pour les monstres, sauvagerie du désir et amour cannibale. Giono « ne célèbre pas la vie comme le fait un joyeux drille, « écrit-elle, «Il le fait plutôt comme un mort vivant ou un mort de faim »

 

A la source de cette fureur, entre autres, l’expérience de la guerre de 14, le massacre des Eparges et la mort de Louis David l’ami d’enfance, le jumeau qui avait comme lui le goût de la beauté. Mais aussi l’échec de son pacifisme militant et l’advenue tragique de la guerre de 39.

L’essai d’Emmanuelle Lambert, prix Fémina essai 2019, se promène dans la vie de Giono, rencontre ses proches, ses amis, Lucien Jacques entre tous, ses parents et surtout Jean Antoine, le père «  bras ouverts, plein d’énergie », adoré, mythifié. Ses amours aussi, car n’en pas parler c’est « perdre de vue ce qui tend la vie des hommes, le désir ».

 

Elle ne cherche pas l’exhaustivité dans l’analyse des œuvres, elle note surtout ce qui la frappe, la sauvagerie «  que Giono ressent envers tout ce qui palpite, frémit, vit sous la peau, soumis à la loi commune, l’avancée de la mort ». Elle nous propose un texte vivant, personnel, mêlant ses propres souvenirs d’enfance, l’évocation de son travail d’écrivain, dans sa cuisine ou au milieu des photos de la famille de Giono dans la chambre d’Aline à Manosque, au portrait qu’elle tente de dessiner d’une plume tantôt délicate tantôt furieuse, elle nous initie à la lecture, à notre lecture personnelle et intime, car «On ne peut tout dire. Giono est comme chacun de nous, fait des plusieurs qu’il a été ».